Le blog de Christine Ontivero

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LES AUTRES LE FONT POURQUOI PAS VOUS

Etrange attitude que celle des tous ces gens qui vous classent dans la catégorie des « anormales » parce que les autres font ce que vous ne faites pas ou  que vous refusez de faire.

Quelques exemples :

Jeudi 10 juin, 19 h, je suis contactée par un Monsieur dont je n’ai pas encore vraiment compris la fonction qui me dit « nous avions travaillé ensemble pour Vinisud, je voudrais savoir si nous pourrions renouveler notre collaboration ». Ah bon. Première nouvelle !

Je demande quel type de collaboration et il me donne les noms de mes clients à Vinisud pour lequel je lui avais envoyé une information. Je lui réponds donc : « vous êtes journaliste et vous souhaitez que je continue à vous envoyer mes informations ? ». C’était oui et non. Ou plutôt oui, mais… payant. Donc, j’y vais de ma diatribe favorite, mon code de déontologie qui fait que je ne mélange pas les genres pour m’entendre dire « nous ne sommes pas des philanthropes ». Certes mais… cela s’appelle du publi rédactionnel et non pas du communiqué de presse. Je continue donc à expliquer que je « ne mange pas de ce pain là » pas plus que je n’invite les vendeurs de pub dans mes déjeuners de presse,  même s’ils ont une influence sur le rédactionnel, ce qui ne devrait pas exister mais…A force que tout le monde accepte tout et n’importe quoi, il n’y a plus de frontière. Enfin, j’espère pouvoir résister tel un vieux dinosaure au moins jusqu’à ma retraite. La pression est toutefois de plus en plus forte. Qui a franchi le pas le premier ? Qui continue à naviguer en eaux troubles ?

Mon interlocuteur finit par me dire qu’il ne comprend pas mon attitude, que de grandes agences parisiennes le font. Elle est bien là la différence. Je ne suis qu’une petite agence de province qui ne deviendra jamais grande parce qu’elle se refuse de jeter de la poudre aux yeux de ses clients et de mélanger les genres.

Depuis quand faut-il faire parce que les autres font ? Je sais bien que notre monde est aseptisé, qu'il faut penser comme tout le monde, s'habiller comme tout le monde, consommer comme tout le monde mais... Ca fait un moment que je suis entrée en résistance !

Mercredi 9 juin, je règle ma facture à l’hôtel Ibis avenue du Maine et je pars faire une course. A mon retour, je passe par les toilettes « collectives » et… le verrou reste entre mes mains. En sortant, je le donne au réceptionniste, lui faisant remarquer que l’entretien de cet hôtel laisse à désirer, notamment les escaliers blancs de poussière dans les angles  à tous les étages. Sa réponse : « vous êtes la seule à vous plaindre ».

Et alors, est-ce une raison pour ne pas m’écouter ? Quelle est donc cette étrange habitude qui consiste désormais à avoir comme réponse « vous êtes la seule… » au lieu de dire : « bien Madame, j’en ferai part à la direction, merci de votre remarque, elle nous aide à progresser ».

Dinosaure vous dis-je ?

Enfin, depuis un bon mois, je suis en conflit avec La Poste Perpignan qui, du jour au lendemain, décide de nous livrer les colissimo à l’heure du déjeuner. Or, tout employé a droit à sa pause notamment pour manger. Jusqu’à présent, ce service qui n’a plus de public que le nom nous livrait aux heures de bureau. Désormais, la tournée a été organisée différemment et nous sommes donc servies parmi les dernières, soit 13 h – 13 h15. Impossible de faire entendre raison au livreur. Il m’a donc fallu rédiger  différents courriers menaçant les responsables de ne plus confier l’expédition des colis à cette vieille institution mais à des messageries privées pour qu’on daigne enfin m’écouter.

Mais… comme par hasard, c’est le pauvre livreur qui est responsable. Pas ses supérieurs qui ont organisé sa tournée. Et le malheureux de me dire hier qu’il était en CDD et que, à cause de ma réclamation, il risquait de perdre son emploi. Bien sûr, cela ne me laisse pas insensible. Mais dois-je réorganiser les horaires de travail de ma collaboratrice pour qu’elle soit là entre 12 h 30 et 13 h 30 – ce que, bien entendu, elle refusera – pour ne plus avoir à me plaindre ?

D’après le livreur,  je suis la seule à me plaindre. Air connu ! Est-ce une raison pour que je me taise ?

Vous ne trouvez pas que ces « vous êtes la seule » ressemblent étrangement à l’air du temps où les bien pensants voudraient nous museler ?

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Invité vendredi, 05 juin 2020



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